Nouvelles de novembre

Le mois de novembre s’achève à la petite ville de Taliouine, où nous nous reposons de notre dernière traversée montagnarde. D’ores et déjà, nous avons réalisé 1056 km à pied et 151 km de manière motorisée. Notre premier mois de marche fut un rodage. Durant le second, la mécanique du voyage s’est plaisamment mêlée à nous.

Le 1er novembre, nous quittions la grouillante Rabat. Ses environs étaient nullement engageants pour des marcheurs. Et c’est sans enthousiasme, alors, que nous prenions la direction de Khouribga. Grimpant de petites gorges, nous débouchions sur un long plateau : de culture d’oliviers, de champs labourés et de pâturages. A Marchouch, après une longue matinée de marche, un épicier nous servait notre en-cas, puis nous offrait l’hospitalité avec un grand naturel. Sa famille nous démontrait, en une soirée, le sens des termes « hospitalité » et « joie de vivre ».

Le lendemain, un banal contrôle de la gendarmerie royale devenait une farce quelque peu oppressante. Durant cinq jours et jusqu’à notre départ de la grande Khouribga, les gendarmes des communes traversées nous appelaient 2 à 5 fois par jours, pour notre sécurité... En effet, ce territoire qui nous semblait, à nous, le plus tranquille et le plus prospère depuis notre départ, était pour eux largement dangereux. Entre autre et tout à fait étonnamment ( !), des voleurs de bétail sévissaient dans cette zone de très fort pastoralisme qui, par transitivité, voleraient nos affaires de randonneurs et, pourquoi pas, nous égorgeraient. L’ultime zèle de ces gendarmes était de nous déloger, à 23 heures, d’un de nos tranquilles bivouacs, pour nous conduire chez un collègue. Marie, de bien mauvaise humeur, ne réclamait alors pas moins que le lit molletonné du dit-collègue.

Puis nos pas allaient en direction des montagnes. Mais avant d’y parvenir, nous traversions un petit désert très sec, sans aucun point à l’horizon. Pour nos esprits, l’exercice fut enrichissant : parvenir à divaguer au-delà d’un paysage monotone et nu.

Très vite, cependant, les première collines apparaissaient. Après 10 jours seulement, nous entrions dans le Haut-Atlas ! Là et sans aucun effort mental à produire, les paysages de montagne, d’eux-même, nous époustouflaient et nous nourrissaient. Les jours s’enchaînaient à une vitesse folle ; et même la marche n’était plus suffisamment lente pour digérer tous les superbes paysages, toutes les magnifiques ambiances.

Plus tard, nous passions des gorges vertigineuses, prenant un sentier que seules les chèvres sauvages connaissaient. A Ouzoud, une fois n’est pas coutume, nous jouions les touristes, prenant les services d’un guide. Là, se trouvait une cascade de 130 mètres de hauteur, site naturel très réputé au Maroc.

A Demnate commençaient, pour cinq jours, nos premières hautes montagnes. Après un saut à l’impressionnant pont naturel d’Imi n’Ifri, la route nous menait, à travers gorges, villages pittoresques et fertiles, et roches à l’ocre prédominant, à un col à 2200 mètres d’altitude. Transits de froid, nous y plantions notre tente pour un bivouac mémorable. En effet et pour notre plus grand bonheur, la neige recouvrait, le lendemain, notre abri de fortune et nous accompagnait pour une matinée inoubliable.

Au gré des cols, la montagne changeait sa physionomie : du rouge au gris, de l’ensoleillé au venteux, du fertile au poussiéreux.

Puis, de façon la plus brute qu’il soit, elle se stoppait nette. La faille atlasique nous faisait passer, en quelques centaines de mètres, de la haute montagne à une large et longue plaine désertique ! Les portes de Ouarzazate s’ouvraient à nous.

Là, au bord d’une route en construction, quatre ouvriers nous requinquaient de thé, de pain, de beurre... L’un d’eux, Abdou, nous invitait en sa demeure de Ouarzazate. Accueillis par lui-même, Imane sa femme, Yayha et Hamza leurs garçons, nous y restions alors 4 jours, comme en famille : cuisine, hammam, jeux de cartes, balades, discussions, etc. Et c’est avec un vif pincement au cœur que nous quittions ces nouveaux amis ; mais la route nous appelait, encore.

L’Anti-Atlas, ses montagnes poussiéreuses et caillouteuses, ses villages fertiles et leurs champs en terrasse, son vent et ses fraîches températures, ses troupeaux de brebis et de chèvres, étaient pour 5 très bons jours notre sublime terrain de jeu.

Nous sommes redescendus de ces montagnes.
Mais la marche de décembre s’annonce tout aussi grandiose !

Commentaires

#0  Posté par Ben+Cel 2 mois déjà !

Et pour un fois point de 'loin, des yeux, loin du cœur", ce blog est un formidable point de contact grâce auquel nous vivons quelque peu par procuration vos pérégrinations du voyage.

Même si les paysages sont gavés de beauté et certaines rencontres inoubliables dans des relations humaines authentiques, nous voyons que tout n'est pas si rose et je mesure la grandeur et la difficulté de votre entreprise.
A lire le passage des flics qui vous collent, ça fait sourire sauf que pour vous, ce fut tout sauf une partie de rigolade...
Grosses bises !
#1  Posté par JudithCar wh0cd366849 purchase cialis

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