Afrikapié

Afrikapié, c’est notre premier voyage hors des frontières françaises. L’Afrique nous a accueillis pour un long et fort périple, nous permettant de nous accomplir comme voyageurs de grands chemins.

D’octobre 2013 à juillet 2014, nous l’avons parcourue à pied pendant huit mois et 4000 km, traversant quatre pays de cet immense continent : Maroc, Mauritanie, Sénégal et Mali.

Initialement, ce voyage devait durer une à deux années et nous mener jusqu’à Madagascar. Mais, au fil des kilomètres parcourus, de la famille qui manque, de la fatigue physique, des projets en perspective, des souvenirs et des idées débordant déjà de nos têtes... nous avons décidé de nous arrêter d’abord au Bénin (notre objectif intermédiaire), puis finalement à Bamako.

Relisez la description du projet initial, ainsi que les quoi et pourquoi de cet arrêt prématuré.


Notre voyage commence à Nador, dans la région du Rif, au Nord-Est du Maroc. Nous restons trois mois dans ce beau et long pays, y marchand près de 1600 km.

Le premier mois est un test sérieux. Il nous mène de Nador à Rabat (400 km). Là, nous marchons sur de petites routes, apprenons quelques mots de tarifit (dialecte berbère du Rif) et de darija (arabe marocain), prenons notre rythme de marche (25 km par jour, en moyenne) et supportons quelques grosses chaleurs.

Quittant Rabat le 1 er novembre, nous nous dirigeons Sud-Sud-Est vers les montagnes du Haut-Atlas (de Demnate à Ouarzazate), puis Ouest-Sud-Ouest vers celles de l’Anti-Atlas (de Ouarzazate à Tiznit). Durant un mois et près de 600 km, nous crapahutons au cœur de ces deux superbes massifs, aux sommets parfois enneigés, et passons de nombreuses nuits à 0 °C, en d’inoubliables bivouacs.

Notre fin d’année 2013 se déroule en longeant l’Océan Atlantique, de Tiznit à Tan-Tan (250 km environ, plein Sud). Nous terminons notre traversée marocaine par une très jolie note : durant six jours, nous foulons les 50 km de la « Plage Blanche », entre un océan agité et quelques hautes dunes de sable fin.

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Le 2 janvier 2014, à Guergarat, la frontière Maroc-Mauritanie est franchie, sans le moindre petit souci. Nous restons deux mois en Mauritanie, dans ce pays à part (à la fois grandiose, fascinant, triste et frustrant), grande étendue de poésie et de désert, coincée entre deux blocs civilisationnels (le Maghreb et l’Afrique noire).

Fin janvier, après trois semaines passées à Nouadhibou (capitale économique du pays) dans une belle famille maure (celle de Mamine et Aziza Évin), nous empruntons, de nuit, le plus long train du monde, les culs posés sur la tôle poussiéreuse d’un wagon à minerais, direction Choum, à 500 km de là.

Entre Choum et Chinguetti (200 km environ), en passant pas Atar (capitale de la région de l’Adrar), nous marchons quasiment seuls, dans des paysages désertiques et pierreux, époustouflants.

Entre Chinguetti et Akjoujt, nous louons les services d’un chamelier (Mohamed) et de ses deux chouettes dromadaires (Raïdeu et Raïcheu), pour parcourir 250 km de désert (Vallée Blanche, passe de Tifoujar, bord de l’erg Amatlich). Ces 12 jours de quasi-solitude resteront comme l’une des grosses expériences de nos jeunes vies de voyageurs.

De Nouakchott (capitale administrative) à la frontière sénégalaise (250 km), nous marchons sur une petite route, sableuse et défoncée, quoique très empruntée par camions et camionnettes (axe principal Maroc-Sénégal).

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Notre arrivée au Sénégal marque l’entrée en Afrique noire. Dès le premier jour, nous rencontrons une population sympathique, ouverte et courtoise. De Saint-Louis à Dakar (200 km), nous longeons (encore) l’Océan Atlantique, sur une longue plage de sable blanc, au cœur de l’écosystème des Niayes et d’une apaisante solitude.

Après deux semaines à vivre dans la grouillante et immense Dakar, nous nous engageons plein Est pour une traversée du Sénégal d’un mois et 550 km, en passant par Nioro-du-Rip, Koungheul et Tambacounda, direction Kidira à la frontière malienne.

Nous traversons, d’abord, un bout des terres du peuple sérère et de leur passionnante culture, puis furtivement le calme delta du Siné-Saloum, pour enfin parcourir une brousse sèche, parfois brûlée, le long de la « route nationale 1 » très passante, dans un paysage plat, triste et monotone. C’est la saison chaude. Le travail manque, les gens sont maussades. L’harmattan nous souffle à la gueule en de longues bourrasques de poussière, brûlantes et étouffantes. Éprouvante marche.

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Après deux mois et demi, nous quittons le Sénégal. Le Mali se découvre alors à nous : franchement accueillant, bourré de richesses naturelles, mais relativement pauvre. Les hommes, fiers de leur terre, semblent n’aspirer qu’à construire le pays et partagent un repas, une soirée ou une discussion avec curiosité. Les rencontres sont touchantes, avec les enfants surtout (baignades, chansons, danses).

La saison des pluies approche et nous marchons sous les orages et les tempêtes de sable, sur des chemins de terre ocre, souvent à l’ombre de forêts verdoyantes saheliennes. Chaque jour, nous nous gavons de mangues juteuses et des vues sur le fleuve Sénégal ou les falaises aux couleurs de feu.

Passant par Kayes, les chutes du Félou, celles de Gouina, l’énorme barrage de Manantali puis la pieuse ville de Kita, nous rejoignons Bamako – capitale du pays – en un mois et 600 km.

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La marche s’arrête ici, mais le voyage, lui, continue encore un peu. Deux écolos amoureux de lenteur, ça vient à pied et ça repart en transports en commun...

Cette première Afrique nous a fait vivre des moments, des rencontres, des paysages... devinez... inoubliables !